Épinglé

📌 Avant-première. On prépare le lancement d’un nouveau Bulletin : le Cabinet de curiosité. Il racontera l’histoire extraordinaire des objets de notre quotidien. Si vous voulez recevoir le numéro 0 et nous donner votre avis, il suffit d’un clic pour s’inscrire.

Les bonnes infos

Pour entamer cette semaine du bon pied

Alexander Calder - Sun and planets

→ Un mot d'adieu

À Valzin en Petite Montagne (Jura), Louis Paget, 90 ans et 60 comme correspondant local pour Le Progrès, a tenu par professionnalisme à rédiger sa propre nécro quelques jours avant de décéder. « Ce travail de correspondant était une excuse pour partager un moment agréable avec vous tous. La vie est belle, à la hauteur des rencontres que l’on fait ! »

→ L’effet papillon

Un bouchon sur le canal de Suez peut provoquer une pénurie de nains de jardin dans les cottages britanniques.

→ Le retour du café

Baigneux-les-Juifs, petit village de 240 habitants en Côte d’Or, se bat contre la désertification rurale. En France, 80 % des villages n’ont plus de café. C’est dire l’espérance que soulève la réouverture du restaurant-bar La Calmagne.

→ Le jardin des tisanes

Dans les Yvelines, le jardin de l’hôpital psychiatrique de Montesson — où l’on cultive la marjolaine, la sauge, la verveine et la lavande — est un outil thérapeutique. Le jardinage aide les patients à renouer avec leurs souvenirs et les soignants à briser le mur du silence.

→ L’appel du large

Née en baie du Mont Saint-Michel, Joséphine, une femelle phoque, avait élu domicile depuis vingt ans dans la Rance, un fleuve côtier qui se jette à Saint-Malo. Or, depuis quelques semaines, cette vieille dame célèbre dans toute la Bretagne, a pris la route de l'océan.

→ Au fil de l’eau

C’est le radeau le plus cool au monde. Des palettes fixées sur des bidons pour assurer la flottaison, deux fauteuils confortables vissés côte à côte dans le sens du courant et au milieu un barbecue. Depuis le mois de mars, deux amis trentenaires Johan et Florent descendent ainsi au fil de la Loire.

Chez nos voisins

🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿 Angleterre. Depuis une semaine, les pubs ont rouvert. Richard Place, le correspondant de Radio France, raconte cette première gorgée de bière : « La mousse aux parfums de café de la pinte de Guinness, le gras de la panure et des frites du fish and chips (…) et surtout les sourires, les verres qui tintent, les discussions sans fin et sans fond où l’on parle trop fort. Les variants anglais, sud-africains et brésiliens sont loin. On grelotte mais on se régale, cette liberté nous a tant manqué, cette convivialité, ce sentiment de partage. »

🇨🇭 Suisse. Pour la première fois, les uniformes de l’armée suisse seront adaptés à la morphologie des femmes.

la bonne source

📌 La tech pour toutes. Si vous aimez les Skyblogs et Animal Crossing, si vous avez déjà reçu une cocotte en fonte en cadeau et vous raffolez du gouda au cumin, vous pourriez aimer la newsletter Règle30 de Lucie Ronfaut. C’est à la fois amusant et décalé, et ça éclaire avec curiosité et acuité la place des femmes dans le monde numérique.

c'est pas sorcier

Le sourire le plus célèbre au monde

iStock

Chaque jour, des millions de ces petits sourires sont échangés sur nos messageries. Le site de la télévision publique suisse raconte la drôle d’histoire du smiley.

L'histoire :

  • Les précurseurs. Le premier smiley de l’histoire date de 1700 av. J.-C., peint sur une poterie du Moyen-Orient. Au XVIIIe siècle, un moine tchèque signe ses missives officielles avec un petit sourire.
  • L’inventeur. En 1963, une compagnie d’assurance du Massachusetts est sur le point d'être rachetée. Pour remonter le moral des employés, le responsable marketing commande à l’illustrateur Harvey Ball le dessin d’un large sourire sur fond jaune pour le placarder partout sur des affiches et des badges. Le smiley moderne est né. Temps de travail : 10 min. Rémunération : 45 dollars. Personne ne pense à protéger le dessin. 
  • Le Français. Pigiste pour le journal France Soir, Franklin Loufrani est chargé en 1971 de créer une rubrique de bonnes nouvelles. Pour la promo, il dessine un sourire dans le même esprit que celui de Harvey Ball. Il ajoute le slogan « Prenez le temps de sourire ». Et surtout, il dépose sa création et la commercialise. Il devient le maître du smiley dans le monde.
  • La conquête d'internet. Porté par l’esprit Power Flower des années 70, le smiley jaune s’arrache dans le monde entier. La pop-culture s’en empare. Le scénariste de comics Alan Moore en fait un symbole pour ses Watchmen. Dans les années 80, le smiley rentre dans l’ère numérique. Dans les années 90, il inspire les émoticônes. Si le mot smiley figure aujourd’hui dans les dictionnaires, ceux-ci recommandent l'emploi de frimousse (ou binette au Québec).

👉 À lire ici

Aller plus loin. Les émojis sont devenus une nouvelle forme de ponctuation. Dont le sens varie selon l’âge ou la catégorie sociale.

FOIRE AUX QUESTIONS

♨️ Cuisine. Est-ce que je peux faire cuire une côte de boeuf au roquefort au micro-ondes ? Euh… NON !

🛠 Électroménager. Mon aspi et mon grille-pain sont en panne ! Voici quelques trucs pratiques.

Matière à penser

Comment donner le goût de l’art aux enfants ? 

Musée du Louvre

Il y a quelques jours, le Louvre a mis en ligne un trésor : l’accès à la totalité de ses collections, 482 000 œuvres. Les parents qui, confinement oblige, auraient eu envie de montrer ces chefs-d’œuvre aux enfants pourront être pris d’un sentiment de vertige. En 2019, Télérama donnait quelques clés pour initier ses enfants à l’art.

Voici ces conseils, valables dans les musées ou en ligne.

  • Commencez tôt. L’art, ça marche même avec les tout-petits. Le premier contact avec un musée est important : un adolescent qui n’a pas mis les pieds dans un musée a toutes les chances de détester.
  • Ne jouez pas au prof. Les parents, qui eux-mêmes ont parfois des lacunes, sont parfois tentés de compenser en surjouant les guides de musée. Oubliez la grande histoire de l’art, les courants en « isme » et la bio officielle des peintres. L’art est d’abord une affaire d’émotions partagées.
  • Faites confiance. Il n’y a pas de mauvaises ni de bonnes œuvres. Commencez par leur montrer ce que vous connaissez, ou laisser vos enfants choisir. Oubliez les œuvres « à voir absolument ». Étrangement, l’art contemporain peut davantage parler aux enfants qu’un alignement de tableaux classiques intimidant. 
  • Apprenez-leur à observer. Demandez-leur de vous raconter ce qu’ils voient, guidez-les vers les détails. Le regard artistique s’affûte au fil du temps. Une idée : dessinez avec eux certaines œuvres, c’est un bon moyen de développer leur sens de l’observation (et le vôtre).

👉 À lire ici

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À PICORER

🎨 Culture. Cette carte référence toutes les fresques murales près de chez vous.

🚴🏽‍♂️ Cyclisme. Le vélo d’un champion ne ressemble pas à votre vélo. D’abord parce qu’il fait beaucoup plus mal aux fesses.

⚔️ Histoire. Pour comprendre comment se battaient les chevaliers au Moyen Âge, cet historien porte une armure plusieurs heures par jour (vidéo, 3').

🏔 Géographie. Au XIXe siècle figurent sur la plupart des cartes d'Afrique les monts de Kong, une gigantesque chaîne de montagnes. Qui n’a jamais existé, mais inspira King Kong.

📽 Cinéma. Au début du siècle, la France comptait plus de 5000 vidéoclubs. Aujourd’hui, il en reste une vingtaine.

🧠 Philosophie. Bel éloge de la nuance par le physicien Étienne Klein.

🎼 Musique. Est-ce possible de ne pas aimer la musique ? Oui si vous souffrez d’amusie comme Che Guevara — la musique ne fonctionne pas sur vous — ou d’anhédonie — vous n’y prenez aucun plaisir.

😸 Architecture. À Karlsruhe à la frontière avec la France, il existe une école en forme de chat, dessinée par l'illustrateur français Tomi Ungerer.

« Plus tard, quand je serai grand, je veux être mécanicien pour ne jamais être en panne dans la vie. Il faut savoir réparer les choses quand elles ne fonctionnent plus. »

Gaël Faye dans Petit Pays 

Écrivain et chanteur franco-rwandais

Plaisir des yeux

Le mosaïste qui pansait la rue

Ememe

Il doit son patronyme Ememem au bruit que fait sa mobylette quand il parcourt de nuit les rues de Lyon sa ville-atelier, son seau de ciment en main. Ce street-artiste pratique le flacking : l’art de combler les flaques et les cassures du béton avec des mosaïques colorées, qu’il signe parfois d’un « ci-gît un nid-de-poule ». Comme autant de petits pansements colorés sur la chaussée.  

👉 Son Instagram

👉 Son travail

Le mot de la fin

📍 Firgun פרגון Vous connaissez la Schadenfreude allemande, ce plaisir puissant et honteux qui vous envahit à la vue du malheur des autres ? Voici firgun, un sentiment totalement opposé. Ce mot d’hébreu moderne désigne la joie désintéressée que l’on ressent devant la réussite et le bonheur d’un ami, d’un voisin et même d’un rival. Une collègue a été promue alors vous visiez le même poste ? Firgun. Plus largement, firgun, c’est faire preuve d’empathie et de positivité en toutes circonstances, montrer une grande générosité d’esprit, savoir se délester de toutes ses mauvaises pensées. Même si ce n’est pas toujours facile (en anglais).

Bonus

💬 Résultats du défi. Vous avez été très nombreux à relever notre défi linguistique pour Caroline notre lectrice : inventer un mot pour exprimer le mélange de soulagement, de joie, de culpabilité et de tristesse qui envahit les parents lorsqu’ils abandonnent leurs enfants pour quelques jours durant les vacances. Merci pour vos réponses.

Beaucoup d’entre vous nous ont rappelé l’existence du mot chicouf, popularisé par la BD Les Triplés de Nicole Lambert. Les chicoufs, c’est le surnom affectueux pour les petits-enfants venus en vacances chez leurs grands-parents : « Chic, ils arrivent, mais ouf, ils repartent ! » Notre lecteur Arnaud propose d’inverser le dispositif pour se mettre à la place des parents, en inventant les oufchics. À supposer, précise-t-il, que nous soyons contents de les retrouver.

Vos néologismes. En vrac : la culpajubilité, la culpabiliberté ou la culpabération (pour libération), la soulajoie, la nanostalgie (la nostalgie mais de très courte durée), la culparentaise ou la parent'aise, l’euphoristesse. Quelques anglicismes : la joyancolie ou le happy blues. Sans oublier la plaibilité, ce mélange de plaisir et de culpabilité, un sentiment qui s’applique également lorsque l’on mange avec honte et gourmandise un dessert initialement préparé pour son enfant. Enfin, quelques lecteurs ont préféré la simplicité : le bonheur ou la jalousie !

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